Les émissions de gaz à effet de serre augmentent bien plus vite que prévu

Les émissions en gaz à effet de serre augmentent bien plus vite que prévu
Une nouvelle étude sur les émissions en gaz à effet de serre au niveau mondial montre que celles-ci s'emballent depuis 2000, loin des efforts de réduction entrepris...

Les rapports qui évaluent et quantifient les émissions en gaz à effet (GES) de serre dans l'atmosphère se suivent et se ressemblent, toujours plus alarmants. En effet, selon une étude publié dans "Proceedings of the National Academy of Sciences" et menée par Mike Raupach(1) de l'Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) Marine and Atmospheric Research and the Global Carbon Project), les rejets de GES, responsables du réchauffement climatique, sont toujours plus importants.

Ce sont les émissions de CO2 issues de la combustion des énergies combustibles fossiles qui sont les premiers responsables de cette détérioration : les rejets ont augmenté bien plus vite que les observations effectuées dans les années précédentes.
Ainsi, la croissance moyenne des émissions est passée de 1,1% par an dans les années 1990 à 3% depuis les années 2000. Selon Mike Raupach, près de 8 millions de tonnes de carbone ont été rejetés dans l'atmosphère en 2005 alors qu'il y a seulement 10 ans elles n'étaient que de 6 millions de tonnes.
Ces résultats confirment ceux publiés il y a quelques mois par le Global Carbon Project (GCP) qui notait que le taux de croissance des émissions de CO2 est passé de 0,8% au cours des années 90 à 3,2% dans les années 2000.

"Une des principales raisons de l'accélération de la croissance des émission est que, globalement, nous brûlons davantage de carbone par dollar de richesse créée", souligne Mike Raupach. Ce phénomène est à coupler avec l'augmentation de globale de la richesse et de la population sur notre planète.
De plus, d'importants pays comme la Chine connaissent un développement industriel important dont l'intensité énergétique(2) reste encore forte, bien qu'étant amener à diminuer. Dans le même temps, les pays déjà industrialisés comme les Etats-Unis ou l'Australie ont une intensité énergétique qui plafonne et ne s'améliore plus notablement. "Ces deux facteurs décroissent l'efficacité globale de l'utilisation des combustibles fossiles" selon Mike Raupach.

Au niveau des émissions de carbone par personne, la Chine reste encore en dessous de la moyenne mondiale avec une tonne, tandis que l'Australie et les Etats-Unis émettent dorénavant plus de 5 tonnes de carbone par personne et par an et la France 3 tonnes. Ainsi, depuis le début de la révolution industrielle, les Etats-Unis et l'Europe sont responsables de plus de 50% des émissions totales contre 8% pour la Chine et moins de 0,5% pour les 50 pays les moins développés.
Cependant, en 2004, la Chine représentaient plus de la moitié de la croissance des émissions de CO2 et près de 20% du total des émissions selon le Global Carbon Project.

Ce qui est inquiète dans ces résultats c'est l'absence d'impact des mesures globales prises dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les émissions de GES mesurées nous placent pour le moment dans les pires scénarios établis par le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui a rendu les premières conclusions de son quatrième rapport au début de l'année. Ce qui signifie que "les concentrations en dioxyde de carbone, la hausse des températures et l'augmentation du niveau des océans seront dans la fourchette haute des projections du GIEC".
Rappelons que la fourchette haute correspond à :
- une hausse des températures de 6,4°C
- une augmentation du niveau des océans de 60 cm
- une concentration en CO2 de 1 550 ppm.

Au final, Mike Raupach insiste, outre sur le fait de diminuer nos émissions, sur la nécessité de prendre en compte les émissions passées dans les mesures à imposer : "il faut prendre en compte les émissions présentes et passées au moment de négocier de nouveaux objectifs mondiaux de réduction. Pour être efficaces, les réductions d'émissions doivent être réalisables et équitables."

Les principales conclusions du dernier rapport du GIEC insistait sur l'urgence du problème et son caractère global et majeur, cette nouvelle étude conforte, si il le fallait encore, le défi colossal auquel nous sommes tous confrontés.

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