Le Maroc face au test des barrières sanitaires de l'UE

     Sur les colonnes de nombreux journaux, à maintes reprises on a dénoncé l'absence dans notre pays d'une structure effectuant régulièrement des analyses sur des échantillons de fruits et légumes et publiant pour informer les citoyens sur toutes les données concernant les taux de pesticides dans les aliments que nous consommons.

On nous assure à chaque fois que des analyses sont bien faites, mais reste à savoir comment et de quelle manière. Aujourd'hui, voilà qu'un rapport de l'UE dénonce les défaillances de notre pays en la matière. Depuis l'an 2000, près de 19 notifications ont été adressées par le Système Européen d'Alerte rrpide pour les denrées alimentaires afin d'alerter les autorités communautaires et marocaines de la présence de résidus de pesticides dans des végétaux produits au Maroc. 8 de ces notifications portaient sur des fruits et légumes, et 11 sur des herbes et des épices.

Alors que ces notifications sont restées sans suite, des notifications récentes de ce système avaient révélé de fortes concentrations de résidus de pesticides et une absence de relevés des données sur les applications des pesticides dans la production de menthe marocaine.

Il n'en fallait pas plus, devant le silence du ministère de l'Agriculture, pour que l'office alimentaire et vétérinaire de la commission Européenne portant sur les résidus de pesticides dans les denrées alimentaires d'origine végétale dépêche une mission au Maroc.

Le rapport de cette mission est tout simplement accablant et alarmant. Ce dernier annonce les faiblesses du contrôle officiel, l'insuffisance des analyses, un cadre juridique obsolète, des résidus de pesticides anormalement élevés dans la menthe exportée vers l'UE, l'absence de registre officiel pour les produits phytosanitaires.

Les conclusions de la commission d'enquête affirment que le Maroc doit améliorer le dispositif de contrôle des résidus de pesticides dans la menthe exportée sur le marché européen et doit également assurer un suivi systématique de toutes les notifications émises par le système Européen d'Alerte Rapide pour les denrées alimentaires qui portent sur les produits végétaux exportés.

En un mot, si notre pays ne juge pas utile et légitime de contrôler les taux de pesticides dans les fruits et légumes consommés chez nous, les européens, quant à eux, sont très pointilleux en ce qui concerne les marchandises qu'on leur exporte puisqu'ils ne jouent pas avec la santé de leurs citoyens.

L'Europe restant le principal marché cible des exportations marocaines de fruits et légumes, notre pays est condammé à répondre très positivement au rapport de la commission européenne et à se conformer aux barrières des normes sanitaires européennes.

La question des pesticides touche à la santé publique car il est scientifiquement établi que ces derniers sont cancérigènes et sont la cause de divers cancers liés à l'alimentation. Dans les coulisses du ministère de l'Agriculture et celles du ministère de l'environnement, on ne cache pas que notre pays continue d'utiliser des pesticides périmés.

Il faut savoir, en conclusion que la grande majorité des pesticides utilisés au Maroc sont produits à l'étranger. En 2005, le Maroc a importé queque 12000 tonnes de produits phytosanitaires, principalement des insecticides (39%), des fongicides (35%), des herbicides et nématicides (11% chacun) puis des acaricides et divers (75%). Mais il ne faut pas oublier les pesticides de très mauvaise qualité, voire périmés, qui proviennent de la contrebande.

Tiré de l'opinion du jeudi 24 Mai 2007

 

 

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